jeudi 6 octobre 2011

La photo des 10 000


5 octobre 2011, 13h33 : 10 000 km

J'ai un peu de mal à me faire à l'idée que je viens de parcourir 10 000 km, à vélo, en moins de huit mois. Mais ça va venir. Cela s'est passé sur la R102, près d'un village nommé Clarkson, après un bon repas traditionnel sud-africain (Boboti). Position exacte : S 34° 01.131' et E 024°21.029'
Le soir, je me suis arrêtée dans un Bed & Breakfast (Oppipad, que je recommande) à Humansdorp ; les propriétaires étaient super sympas, ils m'ont offert un verre de vin (enfin plutôt deux) pour fêter ça.
Bon, je voulais ajouter une photo, mais cela ne passe pas. Plus tard alors.

mardi 4 octobre 2011

L'Océan Indien

Pour quitter le "petit Karoo" et rejoindre la côte, il n'y a pas d'autre moyen que de traverser la montagne. En l'occurence, les Outeniqua Mountains. J'ai préféré prendre la petite route et je ne l'ai pas regretté. La montée et la descente, des deux côtés du Robinsonpas (860 m), traversent de très beaux paysages. Un automobiliste que j'ai croisé pendant la montée, m'a demandé si je savais qu'il y avait une "elephant mountain" devant moi. Ce n'était pas si raide que ça, et je m'étais renseignée.
De l'autre côté des montagnes, il y a donc la côte, et la fameuse "Garden route", qui longe l'océan indien. Comme toutes les côtes (je commence à connaître maintenant), le temps est très variable. Les plages sont au rendez-vous, sable blanc et grosses vagues. Quand c'est possible, j'emprunte l'ancienne route (la R102), afin d'éviter la nouvelle (le N2) sur laquelle il y a parfois beaucoup de circulation. Samedi, j'ai été reçue par Natie et Rina, près de George. Des amis des cyclistes de Stellenbosh qui ont bien voulu m'offrir l'hospitalité. Quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai vu, dans la cuisine, une collection de poterie de Soufflenheim ! Rina les apprécie beaucoup. J'ai repris la route le lendemain, pour atteindre Knysna (alors, comment on prononce ça ? ce serait bien le sujet d'un quizz) et son lagon. Le réveil du dimanche s'est fait sous la pluie. Des cordes.
Vraiment pas envie de rouler dans ces conditions. J'ai décidé de rester une journée à Knysna. Il y avait un "Naturally Knysna Festival", un salon bio. J'y ai passé une partie de l'après-midi, non pas à essayer de comprendre ce tableau, mais à écouter des artistes locaux. Le soleil étant de retour le lendemain, j'en ai profité pour aller voir l'attraction du lieu, les falaises qui ouvrent (ou ferment) le lagon, dénommées "The Heads". Cela ne donne pas du tout envie d'y passer en bateau. Une des principales stations balnéaires de la côte est Plettenberg Bay, j'y suis passée, juste le temps de confirmer que les rues/routes les plus raides se trouvent dans les villes. La côte est plus peuplée que le "petit Karoo". J'ai longé plusieurs townships. Le contraste avec les quartiers plus riches est important. Mais, à l'intérieur même des townships, il semble y avoir aussi de grosses différences de niveau de vie. Depuis hier après-midi, je traverse une partie un peu plus sauvage, avec le parc national de Tsitsikamma. Le temps, les paysages, les dénivelés, sont très variables. Pour dire les choses clairement, c'est loin d'être plat. Toutefois, s'il faut ça pour faire de belles rencontres, ça vaut la peine... cette antilope (bushbuck) et moi nous sommes regardées pendant une minute, avant qu'elle ne retourne dans la forêt.

mercredi 28 septembre 2011

Le blog fonctionne à nouveau

Mystère des mises à jour, il est à nouveau possible de faire des commentaires, et je peux insérer plus de cinq photos par message.
Pour fêter ça, encore quelques photos

mardi 27 septembre 2011

"I had a farm in Africa" (Karen Blixen. Avec la voix de Meryl Streep)

Après avoir mis les pieds sur le Cap de Bonne Espérance et avoir continué à visiter les différents quartiers de Cape Town (dont Bo-Kaap sur la photo), j'ai retrouvé avec bonheur mon vélo chargé, et la clé des champs. Ma première étape m'a menée à Stellenbosh, au coeur de la région viticole de l'Afrique du Sud. Là, c'est Johann et Tinie qui m'attendaient pour une soirée entre cyclistes, des conseils et des adresses. Leur accueil chaleureux m'a permis de prendre contact avec l'Afrikans, la principale langue parlée dans la région (même si

tout le monde parle aussi l'Anglais). Le lendemain, Johann m'a accompagnée pour les premiers kilomètres d'une étape pendant laquelle j'ai commencé à découvrir les merveilleux paysages sud-africains. Au coeur des montagnes, quelques petites villes maintiennent la tradition de la culture de la vigne et des origines françaises. L'une d'entre elle en a gardé le nom : Franshhoek. C'est là aussi que la grimpette a commencé, avec le Franshhoek pass (631 m) suivi d'une des belles descentes de la semaine. A partir de Villiersdorp, l'espace s'est agrandi et les fleurs me sont apparues. Grace à des pluies abondantes cet hiver, les collines sont couvertes de centaines de milliers de fleurs aux couleurs vives. Sur le bord de la route, je croise des sauterelles de dix centimètres de long, des tortues, des babouins. Samedi, jour férié, j'ai emprunté le Tradouws pass. "Pass" ne signifie pas forcément altitude élevée ; je crois qu'en français, on le traduirait plus par "passage" que par "col". En traversant la montagne, j'ai découvert une rivière avec une couleur étrange, puis je suis arrivée dans le "petit Karoo", région beaucoup plus aride que la précédente. A Barrydale, j'ai été accueillie par Jacques et Rita dans leur ferme qui produit des poires, des prunes et du lait, et qui emploie une centaine de personnes. Cela m'a permis de discuter longuement avec eux sur le fonctionnement de leur exploitation. Le lendemain matin, avant l'office du dimanche, ils ont eu la grande gentillesse de me déposer avec Xena au sommet de la colline et non pas au pied. C'est ce jour que j'ai attaqué mes premières longues lignes droites. Pour la sensation "grands espaces", il n'y a pas de doute, je suis au bon endroit. Certaines étapes ressemblent même à des chevauchées solitaires (76 km entre deux villages). Toutefois, les motorisés (voitures et motos) sont sympas et me font un signe en me croisant ou en me dépassant. Et parfois, la route mène mon petit vélo au milieu d'un paysage grandiose. Après avoir passé le Huisrivier pass, j'ai débouché sur l'une des plus belles descentes tous pays confondus. La photo n'est malheureusement pas tout à fait fidèle à la réalité. Tous ces efforts m'ont menée à Oudtshoorn, capitale de l'autruche. J'ai eu la grande émotion ce matin de tenir dans mes mains un bébé autruche né hier. Puis cette jeune autruche de sept ans, a bien voulu manger dans mon dos.

samedi 17 septembre 2011

Et voilà l'Afrique (2)

L'arrivée à Cape Town, en avion, par beau temps, est quelque chose d'extraordinaire. Cette ville est située dans un lieu incroyable : entre l'océan et Table Mountain.
Je visite doucement car le jetlag se fait durement sentir. Sur le "Waterfront", un panneau a saisi mon attention. Mon voyage un peu résumé. Cette impression est d'autant plus marquée que la Coupe du Monde de rugby vient de commencer en Nouvelle-Zélande (cela se voit -beaucoup de sud-africains portent le maillot national dans la rue). Quand je vois les journalistes d'ici se promener dans des endroits où j'étais il y a quelques mois, cela donne un air de continuité. Et puis, il y a toutes les choses qu'il faut faire à l'arrivée : acheter un guide, trouver des informations sur tous les types de logement que je pourrai rencontrer sur ma route, remonter le vélo et le faire réviser (grosse révision cette fois - changement de la chaine et des pignons), chercher des cyclotouristes pour avoir des conseils, tenter de comprendre au plus vite comment tout fonctionne. Il n'y a plus de décalage horaire avec la France... ça sent l'écurie.
Une chose est déjà claire, l'Afrique du Sud n'est pas le pays du vélo. Mais bon, j'ai l'habitude maintenant de la circulation dans les pays où la voiture est reine.
Tout cela m'a laissé largement le temps d'aller visiter Robben Island, prison infâme dans laquelle Nelson Mandela a passé dix-huit de ses vingt-sept années de réclusion. Une partie de la visite est présentée par un ancien détenu, arrêté après les émeutes de Soweto en 1976 et qui a passé cinq années dans cette prison. Cela rend l'histoire récente très concrète. Ce qui est étonnant, c'est que la prison est située dans un lieu enchanteur, le contraste est saisissant. Sur la photo de gauche, c'est l'île que l'on voit au milieu de la baie (la photo est prise depuis Table Mountain - 1 000 m d'altitude). J'ai pu y voir des Springboks (enfin surtout leurs fesses car elles s'enfuyaient à toute vitesse). Et sur Table Mountain, encore un monument qui m'a particulièrement touchée : une table d'orientation avec les grandes villes par lesquelles je suis passée. San Francisco : 16 478 km, Los Angeles : 16 050 km, Hanoi : 11 063 km, Wellington : 11 299 km. Finalement, Paris est la plus proche (9 344 km).
Pour ce qui est des Sud-africains, ma première impression est très favorable. Surtout depuis qu'une serveuse m'a fait la blague de la semaine : quand je lui ai demandé une table pour une personne, elle m'a répondu que dans ce resto on ne servait pas les personnes seules, qu'il fallait être au minimum à deux. J'ai marché à fond jusqu'à ce qu'elle éclate de rire, puis moi aussi.

Encore un peu d'Amérique (1)

Eh oui, quelques mots quand même de mes derniers jours aux Etats-Unis. J'en étais à ma sortie vers la frontière mexicaine.
Le lendemain, après la lessive hebdomadaire dans un "laundromat", j'ai flâné dans San Diego avant de retrouver Linda qui a bien voulu m'accueillir. Or Linda, je l'ai rencontrée le 23 juin à Gibsons (Canada). Avec son compagnon Dominic, ils commençaient leur premier grand voyage à vélo (deux semaines), et ils m'avaient proposé de les retrouver chez eux, à San Diego. C'est sans conteste une émotion que de retrouver quelqu'un 4 000 km plus tard.
Puis j'ai pris le train pour retourner à Los Angeles et rencontrer la famille Yoshioka, des amis de Barbara (Strasbourg), prêts à m'accueillir pour cinq jours, sans me connaître. Leur généreuse invitation m'a permis de prendre contact avec le Californian way of life (en tout cas le leur). La plage pas loin, les amis, la bonne nourriture, le soleil presque tout le temps, et - un peu par hasard - la rentrée des classes pour Jeremy, Samuel, Nicholas et Nadia qui organise tout ça (malheureusement je n'ai pas de photo avec Rei). J'en ai profité pour visiter (un peu) et me reposer (beaucoup) car je me suis rendue compte que j'en avais besoin. Bien sûr, je ne pouvais pas manquer Hollywood. Je suis aussi allée me promener à Venice (les canaux et the beach). Il a fallu ensuite démonter Xena pour la faire rentrer dans son carton et préparer mes bagages en trouvant le moyen pour tout faire rentrer dans un sac de sport. Bien m'en a pris, car le lendemain à l'enregistrement, on m'a compté deux bagages (vélo compris) et donc aucune surtaxe.
J'ai donc embarqué lundi sur un Los Angeles - Dubai. Une longue escale à Dubai puis Dubai - Cape Town. Au total, trente-neuf heures entre le moment où j'ai quitté la maison Yoshioka et celui où j'ai atteint l'auberge de jeunesse de Cape Town, pas très fraiche.